RETOUR EN FRANCE

Publié le par les africains du 13

Et voilà, c'est terminé ! Nous venons de passer 5 ans au Burkina Faso.

Nous avons tout vécu. La chaleur, le délestage ( coupures de courants ), les nombreux évènements tel que le départ forcé de Blaise Compaoré, le crash d'Air Algérie le 24 juillet2014, le coup d'état le 17 septembre 2015, l'attentat du cappuccino le 13 Janvier 2016, la venue de Manuel Valls le 22 mars 2016, bref que de choses.

Nous avons découvert le Burkina Faso en nous aventurant sur les routes creusées pas les pluies, les petites chèvres qui trônent sur le bord des routes, les femmes courageuses qui travaillent dans les champs en portant leur chargement sur la tête, les jeunes qui tentent de s'en sortir en vendant les cartes téléphoniques, les citrons " du bel arbres" comme ils disent, aux feux rouges. Je dis bravo pour ce peuple chaleureux, toujours souriant malgré la misère, toujours un merci même quand on n'avait plus de pièces à leur donner.

Nous avons subi les grosses chaleurs de février à juin ou le thermomètre pouvait frôler les 47°, la saison des pluies de juin à septembre, avec les moustiques et un premier palu pour moi Kathia, en Mai 2016. Qui l'aurait cru ? Et puis la meilleure saison, en décembre ou il fait bon vivre. 25° dans la journée et 15° la nuit.

Et moi Kathia, j'ai adoré travaillé au consulat de France. Nous étions une équipe formidable, j'ai beaucoup appris et surtout, je garde un souvenir intense de mes collègues, de nos soirées, de nos rigolades malgré la surcharge de boulot, de quelques larmes aussi pour ceux qui sont partis en fin de mission et puis ma chère Safiata, ma collègue qui nous a quitté définitivement le 16 octobre 2015 des suites d'une longue maladie. C'était une femme exceptionnelle que je n'oublierai jamais.

Je n'oublierai pas les personnes que j'ai connu et perdu lors du crash en 2014, et de l'attentat du mois de janvier. Ca été tragique et marquant. On dit toujours que ça n'arrive qu'aux autres et pourtant...quelle barbarie gratuite fait sur des innocents.

J'ai également pratiqué ma voyance, ce qui m'a permis de rencontrer beaucoup de monde. Les femmes autant que les hommes venaient me voir en toute confiance. Je savais que mon travail leur apportait la sérénité, des réponses et surtout un apaisement de soi et d'autrui. Certain ne voulaient plus entendre parler de marabouts. J'étais leur clé, leur vraie vérité, et sans m'offrir de fleurs, ma voyance était sincère, sans tricheries et ni mensonges. J'apportais à mes retours de vacances en France, de nombreuses pierres que j'offrais pratiquement à tous mes clients. Ils étaient heureux. J'exerce maintenant par mail.

J'ai pu faire découvrir l'Afrique à deux de mes trois filles. Elles ont été ravies de voir comment nous vivions, et je crois que de voir les Burkinabès heureux avec peu de choses, leur a permis d'être moins exigeantes en France. Elle sont compris qu'on n'avait pas besoin de beaucoup pour bien vivre et que nous faisons beaucoup de gâchis.

J'ai apprécié leur culture et surtout qu'il n'y avait pas de barrières dans les religions. Musulmans et catholiques se côtoient, s'invitent, et ça c'est beau. Je pense que beaucoup de pays devraient prendre un peu exemple. Il y aurait moins de guerre.

Je suis rentrée depuis le 31 juillet 2016 avec bien sur une pointe d'amertume. Un jour on m'a dit " tu pleureras en venant tu pleureras en partant". Et bien....c'est vrai. 5 ans, c'est pas rien. Je garde un très bon souvenir du Burkina Faso, de mes amies Africaines, Françaises, de mon boulot, de mes collègues et j'espère que ce pays si chaleureux sortira enfin de cette misère et que son gouvernement se réveillera enfin.

Je suis rentrée avec des souvenirs plein la tête, un disque dur rempli de photos et je sais que je reviendrais.

Vive les Burkinabès, vive le Burkina Faso.

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